École et Culture contre la mafia en Sicile.

Fondée en 1983 par quelques professeurs et directeurs siciliens, l'association "Scuola e Cultura Antimafia" (école et culture contre la mafia) amène les professeurs à la didactique antimafia et à l'éducation à la démocratie.

La mafia est au pouvoir depuis 140 ans, une période trop longue pour une société criminelle. En fait s'elle n'était que ceci, le peuple sicilien aurait jeté son joug depuis longtemps. Au contraire quand un homme associé à la mafia est condamné, un autre le remplace, parce que l'esprit de mafia est enraciné dans la structure sociale sicilienne.

   
 

État ↔ mafia: l'histoire interdite

   

English

 

Italiano

    apartments in odessa, odessa apartments, apartment odessa ukraine!  

La mafia est surtout une sous-culture où les relations personnelles avec un homme puissant favorisent ceux qui sont liés à lui et leurs amis. On a développé un système de pouvoir sur ce rapport asymétrique de plaisir et soumission.

En Sicile les attitudes politiques et sociales sont fortement conditionnées par cette mentalité. C'est ainsi que la mafia laisse la violence à une partie d'elle-même, appelée habituellement Cosa Nostra, car, souvent elle se cache dans le pouvoir légal et elle n'a pas besoin de violence.

L'école a eu la responsabilité de reproduire une mentalité de mafia: il y a très souvent des attitudes et des stéréotypes de mafia dans la classe dirigeante sicilienne et cette classe a fréquenté les écoles siciliennes où l'éducation à la démocratie et à construire un sentiment d'identité collective n'est pas traditionnellement efficace. Probablement la raison la plus importante de cet échec est que, chez les écoles siciliennes, les manuels d'histoire ne parlent pas de l'histoire sicilienne. Mais ce n'est pas le gouvernement italien que interdit formellement de traiter ce sujet, c'est, plutôt, le puissant système de l'édition scolaire qui ne le permet pas.

L'histoire de la Sicile est différente de l'histoire de l'Italie, par exemple dans l'antiquité la Sicile n'était pas latine mais grecque. À la fin des ses études, un élève studieux sicilien est assez bien renseigné sur l'histoire de Florence et de Rome, mais il connaît peu ou rien de l'histoire de la Sicile et de tout ce qui se rapporte à l'île. Hors de l'école la mafia est prête à donner à l'élève sa propre vision de la société qu'il vit mais qu'il ne connaît pas.

Une autre raison de la longévité de la mafia est qu'elle a combattu rarement l'État italien; le plus souvent elle s'est installée à l'intérieur de celui-ci. "Cosa Nostra" ne tuait presque jamais un agent de police, un militaire ou un juge. À son tour, l'État italien ne combattait pas la mafia s'il n'était pas obligé par l'opinion publique. Mais l'opinion publique rarement prenait conscience de la mafia et le mouvement antimafia était encore faible.

Dans les années ’80 "Cosa Nostra" viole sa tradition et tue des fonctionnaires civils et militaires de l'État, des hommes politiques, des juges. Lorsque l'association "Scuola e Cultura Antimafia" est née, la Région Sicile avait, depuis quelques années, approuvé une loi qui confiait aux écoles la tâche de "former un esprit public contre le crime de la mafia". Le Parlement sicilien avait voté cette loi après les nouvelles choquantes du massacre du Président de la Sicile de la part de la mafia. Toutefois elle semblait échouer, parce que beaucoup de professeurs craignaient de la mettre en œvre, d'autres ne savaient pas comment et quoi faire en classe, d'autres encore se méfiaient de la Région et de la loi.

Scuola e Cultura Antimafia a créé un comité pour l'application de cette loi et, peu à peu, elle a changé les attitudes des professeurs et leurs compétences professionnelles dans ce domaine.

Voici le points de l'Association:

En 1987 l'association a publié le livre "Didattica Antimafia" le premier texte sur ce sujet et, pendant des années, elle a rassemblé un patrimoine d'expériences didactiques et d'élaboration conceptuelle d'elles-mêmes. Dès son début elle publie le bulletin Scuola e Cultura Antimafia qui deviendra dès 1991 une revue périodique.

Le travail faite dans les écoles a été très efficace pour construire une nouvelle culture: le mouvement antimafia, né en Sicile, a trouvé dans les écoles ses points forts. Lorsque en 1992 le mafia a tué les juges Falcone et Borsellino, elle a dû faire face à une réaction populaire très dure, réaction qu'on ne peut pas comparer à l'indifférence avec laquelle les siciliens avaient reçue les nouvelles des massacres de mafia pendant la décennie précédente.

Pier Franco Rizzo

(Pressez pour la page d'accueil)

école et culture contre la mafia en Sicile